Chronique des états généraux du documentaire Jeudi #4

Installée dans le train, bientôt arrivée à Bordeaux je presse les mots dans ma tête pour pouvoir clore cette aventure. 

Jeudi 11h00 : Je n’ai pas réussi à me réveiller. Les premières séances étant entre 10H00 et 10H30 je décide de prendre un peu de répit. AH non ! Je dois impérativement me rendre au village pour assister aux portes ouvertes de l’école de cinéma documentaire. Ma venue au festival n’est pas due au hasard … Je me hâte, m’habille en vitesse et pars à pied au pas de course pour rejoindre le « blue bar » à coté de la salle des fêtes. Quatre personnes sont installées en arc de cercle devant la directrice de l’école. J’ai quinze minutes de retard, je m’excuse et m’installe. Le rendez-vous est rapide, elle nous explique le déroulé de l’année. Quelques questions émergent chacun repart avec ses éléments de réponse. 

Sortie de la salle je me dirige vers l’épicerie, le seul endroit du village où il est possible de retirer de l’argent. « Il n’y a pas assez de sous dans la caisse », je prends de quoi me restaurer pour le midi paye en carte et repars pour le camping. Je commence sérieusement à ressentir la fatigue, il fait chaud dehors. Je prépare des sandwichs que je décide de manger au bord d’une piscine naturelle. Mon moment de tranquillité est entamé par un petit garçon qui décide de me parler et de me lancer de l’eau froide.

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Enfant néerlandais pêchant ©VCG

Je repars une demi-heure plus tard pour une séance à côté du camping dans la salle du moulinage. J’y rencontre un réalisateur qui projettera son film le lendemain.

15H30 Nous assistons patiemment aux projections : Le baiser du Silure de June Balthazard, Vater mein Bruder d’Ingo Baltes et mon coup de cœur le court métrage : Akaboum de Manon Vila qui raconte une jeunesse de banlieue, des artistes utopiques qui s’approprient des espaces en sculptant dans la pierre, chantant et dansant dans le RER … La jeunesse en quête d’utopie se déplace de Cergy pour aller vers une rave party. La fin du court pousse le documentaire vers un univers fictif aux allures de Disneyland accompagné par une musique qui plonge dans un univers imaginaire.

17H15 Je sors de cette séance ravie par ces dernières images et décide de me poser près d’une autre piscine naturelle pour prendre le temps d’écrire.

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Piscine naturelle ©VCG

Je repars une heure plus tard pour le village et retrouve mes deux amis pour notre dernier diner. Je prends des bricks dans un stand tandis qu’eux prennent du couscous, on se retrouve sur les tables dehors. 

21H15 Nous faisons la queue pour assister au film L‘époque de Matthieu Bareyre. Malgré des sièges très inconfortables j’apprécie le film dès les premiers instants. Le réalisateur réalise une succession de portraits de jeunes parisiens et banlieusards à la suite des attentats dans les locaux de Charlie Hebdo. Il cherche à saisir l’époque dans laquelle on vit. Tous dépeignent une vision désenchantée, questionnent leur identité personnelle et politique. Ces portraits sont montés au rythme d’une déambulation dans les rues et lieux nocturnes. Un personnage très émouvant apparaît plusieurs fois dans le film : Rose qui vit une crise identitaire et décide à la fin du film de clamer sa volonté de faire les démarches pour une déchéance d’identité. Quand les lumières se rallument le réalisateur est vivement applaudit. Après quelques questions et sollicitée par une personne du publique Rose se lève des gradins et rejoint la scène. Elle a évolué, elle s’est apaisée. Je retiens qu’un personnage de documentaire parce qu’il est saisit à un instant de sa vie ne cesse de se mouvoir au delà de l’existence du film.

 

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Discussion à l’issue de la projection du film l’époque, en présence du réalisateur et d’un personnage du film, Rose ©VCG

 

À l’issue de la projection nous allons boire un cocktail local : la marquisette. Autour de ce verre nous débriefons de la projection et des grandes questions politiques, historiques que le film a soulevé en nous. Le débat ardent se termine par l’arrivée d’une bouteille gracieusement offerte par le bar-restaurant. Les lumières du bar s’éteignent, nous plongeons dans la pénombre, il est 2H00 du matin. Nous partons pour le green-bar à la recherche d’ambiance festive. Nous faisons escale dans un jardin pour enfant, pour finalement rejoindre une contre-soirée sur le terrain de football du village, rencontrons des parisiens encore et toujours mais aussi un brésilien, nous terminons notre soirée en dansant sur des airs de Tshegue.

Nous décidons de rentrer au camping à 04h00. C’est la fin de l’aventure. 

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